Le Ventre et l'Estomac

by Nicolas Paugam

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1.
Rendez-vous au Sommet Rendez-vous des écoliers Des amours toutes édentées On pratiquera en classe Gribouillages et grimaces Rendre fou sans fessée  Normalement agités J'ai dix-sept ans bien tassés Mes parents, j'ai débordé Je ne vois plus mes godasses Tellement que je suis bourratcho Paire de claques non méritée J'annonce à mon père son décès Rendez-vous pour un métier Ça fait quatre ans que j'essaie On me reçoit sans grâce Cinquante, une seule place Rendez-vous au gibet Tremblant comme un jeune poulet Rendez-vous pour nous marier Un prêtre, un troupeau, un clocher Le bonheur vous enlace, Vous embrasse avec audace L'étincelle enchantée, Et nous voilà tout divorcés Ca sent la maternité Le lait sucré, débordé Onanisme bonasse Les jumeaux sont dans la place Roi du biberon, j'ai testé Et la jouissance par la tétée Rendez-vous à la santé On m'annonce un crabe léger Je soupe à la grimace, Me vois moins dans la glace Rendez-vous au sommet Au sommet des monts bien pelés Rendez-vous des retraités J'dors la télé allumée Christine Ockrent est grasse Quel con, ce Pujadas ! Rendez-vous des oubliés Laisse donc le téléphone sonner Rendez-vous au cimetière Brûlant d'amour et de terre On mangera de l'herbe On mou-rira peut-être Moi qui suis un passionné Vous allez bien me manquer.
2.
Tenir Debout 04:12
Tenir debout Il était beau dans sa chaumière Il composait de si belles chansons Chaque fois qu' arrivait l'hiver, on le voyait toujours à la maison À tenir debout, on pouvait croire qu'il était saoul À pas tenir debout, mais il était saoul Quand la nuit noire, dehors, nous affolait Lui se couchait tout au milieu des prés Et le pouvoir que cela lui donnait, Il voyait tout ce que personne ne voyait À dormir dehors, le doux plaisir du très peu de confort À dormir dehors, s'élevait son corps. Ils ont fouillé toute sa maison Sans rien trouver, ni patates ni oignons Nous ont posé tout un tas de questions Que faisait-il et a-t-il dit son nom ? Convaincu de tenir un fou, il le cherchait, le recherchait partout En attendant cet homme si doux vivait comme un loup Et le soir tard, quand brille l'espoir Je fais un vœu que l'homme est bienheureux Je glisse une orange dans le noir En souvenir et en guise d'adieu.
3.
Les Barbus 04:38
Les Barbus Quelle est la cause ? cet air morose ? Un énorme découvert vous êtes à sec à sec Quelle est la cause ? cet air morose ? Un énorme découvert, vous êtes à sec à sec Des hommes silencieux et capables Disposés derrière des guichets Prennent votre argent Et l'inscrivent dans des livres Les uns sont chauves et même barbus D'autres sont barbus sans être chauves Ils mettent votre argent dans des sacs Le descendent dans des sous-sols Ou il fermente dans le noir, quelle histoire ! Les uns sont chauves et même barbus D'autres sont barbus sans être chauves D'autres sont barbus, qui reviennent vers le devant Et vous demandent poliment Quelle est la cause ? cet air morose ? Un énorme découvert, vous êtes à sec à sec Quelle est la cause ? et cet air morose ? Un énorme découvert, vous êtes à sec à sec J'ai repris mes cliques et mes claques Descendu le boulevard en vrac Saleté d'écureuil si je t'attrape, je te massacre Les uns sont chauves et même barbus D'autres sont barbus sans être chauves D'autres sont barbus qui reviennent vers le devant Et vous demandent poliment Quelle est la cause ? cet air morose ? Un énorme découvert, vous êtes à sec à sec Quelle est la cause ? cet air morose ? Un énorme découvert, vous êtes à sec à sec.
4.
Il fallait fuir On a beaucoup parlé de toi, que tu brillerais dans six mois En haut des hit-parade anglais, avec ton français s'il te plaît On avait tous rêvé de ça, que sur la plage d'Ipanema Petit Nicolas qui n'y croit pas et pourtant consacré déjà Il fallait bien partir d'ici, partir de nuit, partir sans bruit Il fallait bien partir d'ici ou on était cuit On en a mit des sparadraps, au bout des doigts les notes sont là Au bout des mots, il y a des ponts vers d'autres villes et d'autres ruisseaux Quand on chantait la Marseillaise avec ses phrases guerrières sévères On se disait, c'est pas possible, au bout du quai il y a bien d'autres styles Il fallait bien partir d'ici, partir de nuit, partir sans bruit Il fallait bien partir d'ici ou on était cuit Petit Nicolas, quand tu écris, au bout de tes doigts, il y a du cambouis À ménager tous les aspects, on se perd dans le polissé J'ai répété les Baya bien des fois, j'ai répété “faites péter toutes ces lois” J’ai peut-être la vision des chansons d'autrefois, j'ai répété les sons au rythme de tes pas Il fallait bien partir d'ici, partir de nuit, partir sans bruit Il fallait bien partir d'ici ou on était cuit, ou on était cuit, ou on était cuit Bien dans l'os.
5.
Le Ventre et l'Estomac Elle voulait bien rire alors elle boit obstinément Des tonnes de vodka puis ventre à terre La voilà qui glisse, station Denfert Elle voulait tout apprendre, alors elle lit obstinément Des tonnes de bouquins, une bibliothèque Des encyclopédies qui prennent la tête Alors, vraiment, vraiment, cette fille, bon sang C'est un roman Elle voulait du sublime, que du chef d'œuvre, du Scriabine Loges à l'opéra, gros cailloux, belles rimes Mais les yeux de mépris se détournent quand elle mime Elle se rêvait comtesse, ou mieux princesse ou pour le moins duchesse Mais sans aucun titre de noblesse Je l'instruis de notre Révolution française Alors, vraiment, vraiment, cette fille, bon sang C'est un volcan Et moi dans tout cela, le ventre et l'estomac (en vrac) Tour a tour, gueux ou roi Mis en scène, mis au pas Peu à peu, je renvoies, l'estomac j'aperçois ! Elle voulait séduire, alors elle rit évidemment À tous les jeux de mots des hommes qui lui plaisent Mais elle en fait beaucoup trop et ça crée un malaise Elle voulait du cuir mais point de vache ni de moleskine Mais du vison, de la marte comme Raspoutine Et guirlande à son cou, une pauvre bête s'anime Alors, vraiment, vraiment, cette fille, bon sang C'est un tourment Et moi dans tout cela, le ventre et l'estomac (en vrac) Tour à tour, gueux ou roi Mis en scène, mis au pas Peu à peu, je renvoies, l'estomac j'aperçois.
6.
Tu savais, tu savais Plus d'eau dans les bouche Des crevasses, des cailloux et des mouches Bien loin du paradis Tu savais, tu savais, toi qui a bourlingué Bien au-delà de ton pré carré La guerre est passée Sur la terre endeuillée, cabossée L'enfant s'est relevé Il savait, il savait, qu'il ne pouvait que compter Que sur ses doigts de fée de berger Aussi Et quoi qu'il advienne de l'enfant Un camp de réfugiés Juste au nord de Calais, des bergers Bien loin du paradis Du savon, des bidons, du lait et des biberons Des manteaux chauds pour couvrir ton dos Aussi Et quoi qu'il advienne de l'enfant
7.
Ipanema 04:25
8.
Le Chasseur blanc Certains jours, on se réveille L'homme à ses côtés n'est pas l'homme qu'on aime Contempler l'infidèle Don Juan au regard fuyant (bis) Cette haleine, c'est celle du chasseur blanc Ces épaules, plutôt celles d'un enfant C'est pas musclé, pas très seyant Et quand j'enfonce mes doigts, je me noie Dans sa moiteur, j'avais connu l'Afrique Dans ses odeurs, l'animal fantastique Et le physique d'un Est-Allemand doublé d'un volcan (bis) Maintenant et c'est assez navrant Le grand satyre n'est qu'un fantôme d'amant Le grand blond a les cheveux blancs Et quand j'enfonce mes doigts, je me noie Ils sont sans mots Ils ont peut-être quelques années de trop Ils sont pas beaux Ils ont peut-être quelques années de trop
9.
La Complainte du Titanic On voudrait que la nuit passe et que l'eau revienne à sa place On allait tous les deux aux Amériques, heureux Naviguera, naviguera, accostera À cause de l'eau, à cause du froid, un seul ira Quand j'ai tendu les oreilles, aux rivets et aux vis qui cèdent Quand la glace a griffé le ventre ferraillé L'eau plombera, l'eau remplira, les soutes au raz Le matelot qui prie tout au fond, il sombrera Le matelot prie tout en bas, il sautera, il sautera, Pétri de joie, il sautera, il sautera, chaudière à bois Le stewart prévient les hommes et que Priape lui pardonne Il faut vous séparer de vos chers et tendres aimés Mères et enfants dans les canots, papa en haut Musiciens qui jouent leur fado, leur dernier do Les chaloupes vont à la mer, le long de la muraille de fer Point de pauvres gens dedans, mais le gratin consternant On s'aimera, on s'aimera, pétris de joie On saluera, on saluera justice et lois, pétris de joie, pétris de joie Quand j'ai vu le diable en mer qui fouillait dans mes affaires Je cherche ton Whisky, le diable est plein d'esprit Orchestrera, orchestrera ce coup d'éclat Main dans la main, l'eau dans mon sein, Neptune et moi La mesure idiote qui voulait qu'l'on avance, Qu'l'on enterre le record de l'Atlantique Nord Oh le beau résultat, ces hommes et leur compas Et pour nous deux et pour tous ceux, tous ceux d'en bas La grande méprise, ô grand Neptune, le grand trépas, le grand trépas Pétris de joie, pétris de joie Pétris de joie, le grand trépas.

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the new album, the fourth of the great french tropicalist musician !

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released September 13, 2019

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Nicolas paugam Paris, France

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